Faut-il mériter l’aide de Dieu pour la recevoir ?
Sur
le site d’un exorciste contemporain, j’ai trouvé la réflexion suivante, qui a
trait au paiement des services spirituels :
« Depuis la loi du 9 décembre
1905 concernant la séparation de l’église et de l’Etat, les Religieux ne sont
plus des fonctionnaires rémunérés par le gouvernement. Ils doivent donc subvenir
à leurs propres besoins ainsi qu’à ceux de leur église. Or l’entretien du
culte (bâtiments, ménage, vêtements de cérémonie, ornements liturgiques, etc…) revient souvent cher. Un don est demandé afin de
couvrir tous ces frais. Mais il existe une autre raison plus fondamentale
encore.
Je
ne suis pas d’accord avec ce raisonnement. Je ne crois pas que l’on doive
mériter les grâces que l’on reçoit de Dieu par l’intermédiaire de ses
serviteurs. « Mériter
les grâces » est une contradiction dans les termes. Pour le dire
avec saint Paul :
« A celui qui
fait une oeuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose
due. » (Romains, 4.4)
« Si c'est par
grâce, ce n'est plus par les oeuvres; autrement la grâce n'est plus une grâce.
Et si c'est par les oeuvres, ce n'est plus une grâce; autrement l'oeuvre n'est
plus une oeuvre. » (Romains, 11.6)
On ne doit pas mériter l’amour
de Dieu pour le recevoir. Dieu nous aime sans que nous le méritions, comme
un véritable père qui aime ses enfants sans que ceux-ci n’aient rien fait au
préalable pour mériter cet amour. On ne « mérite » pas la grâce parce
que l’on fait un don matériel. S’il suffisait de la mériter pour la recevoir,
ce ne serait pas une grâce, mais un salaire des bonnes œuvres, des dons
matériels, etc.
Peut-on
véritablement estimer l’aide que nous apporte un exorciste ? Comment
évaluer cette « dette spirituelle » dont mon confrère parle ? Comment estimer ce que Dieu nous
donne ? Comment être sûr de le mériter ? Tout le message du
Christ, la Bonne nouvelle, c’est que Dieu nous aime au-delà de tous ces calculs
comptables, de tous nos mérites ou nos démérites. Il nous donne Sa grâce sans
que nous la méritions, tout comme Il a donné Sa vie pour nous sans que nous le
méritions.
Cela
ne veut pas dire que l’exorciste ne mérite pas de salaire. L’exorciste mérite un salaire pour la peine et le travail qu’il
accomplit pour ses compagnons. Justement, si ceux-ci sont véritablement
ses com-pagnons,
ils partagent leur pain
avec lui. Mais en le rétribuant pour ses efforts, ils ne montrent pas qu’ils
méritent les grâces de Dieu ! Ils montrent seulement qu’ils sont aussi
chrétiens que l’exorciste, tous également dépourvus de mérites devant Dieu. Car
c’est Lui qui nous a aimés Le premier !